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À la recherche du sens perdu ou l’intrapreneuriat, le sens de l’avenir

Un sens sans dessus dessous

En 2017, 87 % des travailleurs accordaient de l’importance au sens au travail et 54 % considéraient que cette quête de sens avait guidé leur choix de métier (Étude Deloitte et Viadeo). Les milléniaux font largement partie du constat. Ils attachent plus d'importance à la satisfaction au travail qu'aux considérations financières et considèrent souvent l'équilibre entre vie professionnelle et vie de famille comme essentielle.

Selon l’article Why Millennials Keep Dumping You, leur engagement est clairement guidé par le sens et leur motivation stimulée par un leadership partagé. Extrait :

“I was raised to believe I could change the world. I’m desperate for you to show me that the work we do here matters, even just a little bit. I’ll make copies, I’ll fetch coffee, I’ll do the grunt work. But I’m not doing it to help you get a new Mercedes. I’ll give you everything I’ve got, but I need to know it makes a difference to something bigger than your bottom line.”

Les milléniaux représentent aujourd’hui 35% des travailleurs, en 2020, ils seront 46%.

Quête de sens dans tous les sens

Dans l’excellent article Quête de sens au travail : une préoccupation élitiste ?, l’auteur cherche à nous expliquer d’où vient cette quête de sens. Si la pleine croissance économique donnait peut-être un sens assez évident, soit celui de contribuer au progrès social ; mai 68 marque la première expression d’une quête de sens des jeunes générations et l’apparition du syndrome d’épuisement professionnel.

« La mondialisation a eu pour effet de désincarner le propriétaire de l’entreprise. Quand celle-ci est détenue par un fonds de pension américain ou japonais, sait-on encore vraiment pour qui et pourquoi on travaille ? » François Dupuy, sociologue des organisations.

Ce phénomène de quête de sens ne semble ainsi pas être un syndrome uniquement réservé aux milléniaux. En revanche, l’article précité pose la question : serait-il élitiste pour les autres générations ? Les employés en quête de sens sont-il ceux qui ont déjà couverts leurs besoins élémentaires ? Elle apparaît comme le sommet de la pyramide de Maslow, transposée aux besoins professionnels.

« Ainsi, une fois les besoins élémentaires couverts, apparaîtrait naturellement une recherche sur la finalité de l’emploi exercé… »

L’intrapreneuriat, opportunité exponentielle

Et si la façon la plus simple de combler la recherche de sens était l’intrapreneuriat ?



L’intrapreneuriat, c’est l’action d’agir comme un entrepreneur en travaillant au sein d’une organisation dans laquelle vous êtes employé.

Federico Puebla, directeur d'innovation au Mouvement Desjardins et responsable du Desjardins Lab et du Coopérathon tient un blog Les Affaires fort intéressant sur le sujet. Un de ses articles intitulé Intrapreneuriat: ça commence avec vous, cher leader! met en lumière le fait que l’intrapreneuriat est une grande force autant pour l’entreprise que pour l’employé. C’est à la fois une source de motivation puissante pour l’employé et mais aussi une formidable opportunité d’innovation pour l’entreprise.

Il nous explique qu’il est inutile voire nuisible de réprimer l’intrapreneuriat, et que bien au contraire, il faut « profiter pleinement de l’énergie et de la vision des intrapreneurs » pour le développement de l’organisation. « Ils [les intrapreneurs] constituent des alliés dont il serait absurde de se passer. »

« Lorsque le capital créatif et la passion de vos intrapreneurs ne sont pas canalisés par l’équipe censée leur montrer la direction à prendre, ces agents de changement essaient alors, à la manière de ninja-hackers, de trouver la petite brèche, quelque part dans votre système organisationnel, qui leur permettra de franchir les barrières pour accomplir leurs initiatives. »

Freiner les intrapreneurs, c’est les démobiliser et les voir partir utiliser leur énergie ailleurs. C’est également une perte d’opportunité pour l’entreprise. Les organisations innovantes et performantes sont d’ailleurs celles qui savent mettre en place des accélérateurs internes en misant sur certaines idées des employés.

La preuve par l’exemple


L’usine Labatt de Montréal le démontre parfaitement.

« Du plombier, au technicien, en passant par l’ingénieur, nos employés sont mieux placés que quiconque pour améliorer la productivité et nos techniques de fabrication, explique Nicolas Gaudreault, directeur des services techniques chez Labatt. Nous les sollicitons et nous mettons surtout en application leurs suggestions. » Nicolas Gaudreault, directeur des services techniques.

Ceci leur a valu une économie d’un million de dollars. L’an dernier seulement, le brasseur a implanté 250 projets soumis par ses travailleurs. Et ce qui est fascinant, c’est que par rapport à 2011 et grâce aux projets de ses employés, Labatt a réduit de 14% sa consommation énergétique et de 46% sa consommation d’eau.


L’intrapreneuriat amène non seulement mobilisation, opportunité économique mais aussi un développement durable. Finalement, et si la santé de nos entreprises passait par l'intrapreneuriat ?


Ce constat est tout simplement l’idée du projet Yéti : une démarche pour aider les dirigeants à gérer les idées des employés au quotidien pour favoriser à la fois la mobilisation et le développement durable.

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LES YÉTIS INTRAPRENEURS

sophie@lesyetis.org